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Cet été, sur la plage, un petit garçon s’est écrié à sa mère : « On n’a pas mis de crème (solaire) à Audrey !! ». Je me suis dit : « Tiens , une phrase que je n’aurai jamais entendu, petite fille ! ». On nous laissait gentiment cramer au soleil, avec nos pelles, nos seaux et juste un bob contre les insolations. Après je me suis rajouté en pensée : « Il faudrait que je fasse une liste de tout ce qui a changé depuis que je suis petite ». Pas parce que j’ai peur d’oublier, mais parce que ça paraît énorme, en y réfléchissant, le virage qu'ont pris certaines habitudes. Mon grand-père me disait qu’il avait l’impression d’être né au moyen age. Quand je lisais ses souvenirs d’enfance, je comprenais pourquoi. Il y racontait par exemple, que les filles devaient porter des coiffes pour cacher leurs cheveux et que si une mèche s’échappait, les enfants se moquaient en criant « Hou, la mèche !!! Hou, la mèche... ».
Je n’ai pas l’impression d’être né au moyen-age ou à une autre époque, j’ai juste l’impression que certaines choses se sont renversées. Je ne parle pas des évolutions techniques ou des inventions révolutionnaires, comme internet, je parle juste de règles de vie...
Je suis née en 1965 et lorsque j’étais petite :
Les parents pouvaient fumer en tenant leurs bébés dans les bras ou bien encore dans la voiture avec les enfants présents, sans même se poser de questions.
De toute façon, les gens fumaient partout sans se poser de questions.
Dans le chapitre tabac, la caravane du tour de France passait en jetant des mini-paquets de cigarettes aux spectateurs. C’est comme ça que j’ai goûté ma première cigarette…
En voiture, il n’y avait pas de ceintures de sécurité, pas de sièges bébé ou de réhausseurs. Lorsque les enfants s’asseyaient devant, les parents tendaient leurs bras à droite quand ils freinaient, pour les retenir…
La vitesse était limitée à 100km/h, il me semble et les lignes « blanches » étaient « jaunes ».
On faisait des débats ou des rédactions à l’école « pour ou contre la peine de mort » ou « pour ou contre les supermarchés ».
On allait en classe de neige, en CM2, un mois entier.
On allait à l'école à pied, seuls, sans parents, très jeunes, même si c'était loin, avec juste comme  recommandations de ne pas parler aux étrangers.
A la cantine, on mangeait parfois de la langue de bœuf ou de la cervelle et on devait finir son assiette. Y'avait pas de semaine du goût.
Les caddies de supermarchés n’avaient pas de pièces-consignes, et on les laissait n’importe où sur les parkings. Lorsqu’on arrivait il fallait souvent en déplacer pour pouvoir se garer.
Dans certains magasins, il y avait un système de consigne pour les bouteilles en verre vides. C'est-à-dire qu’on vous donnait de l’argent quand on les rapportait.
On ne parlait pas de bio, à la rigueur d'écologie ou de retour à la nature.
On jetait les papiers de bonbons et les paquets de cigarettes vides n’importe où,  par les fenêtres des voitures, les sacs plastiques de picnics pareil, n’importe où dans la nature (enfin pas dans notre famille, non non, maman ne supportait pas ça).
Bon, j'en oublie c'est certain.  Je ne dis pas que c'était mieux ou moins bien, juste, tellement différent...

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Sab